• Anne Le Ny – Les invités de mon père

    28998.jpgUn Rappel pour ceux qui n’ont pas encore vu le film. Il s’agit d’une tranche de vie d’une famille de bourgeois parisiens, pas tous, loin de là, conservateurs, certains mêmes, dont le personnage clef, le père de 80 ans, fut un grand médecin et ancien résistant, étant très engagés dans l’altruisme militant.

     

    Cette vie est bouleversée par l’irruption, très imprévue, d’une jeune et belle moldave et de sa fille sans papiers et donc, de ce fait menacées d’expulsion… D’un hébergement de la moldave chez le père on passe à un mariage blanc, au constat par le reste de la famille que ce mariage a été consommé, au vaudeville donc. Mais l’on passe ensuite à la gestion d’un détournement d’affection et d’héritage, quasiment au drame, avec même une possible machination d’assassinat du père par sa nouvelle femme, déclenchant une problématique de dénonciation aux autorités afin de faire expulser la moldave.

     

    Tout le monde a aimé ; ce qui n’a pas empêché (bien au contraire) de longs débats très nourris sur les pistes vraies ou fausses qu’ouvre délibérément Anne Le Ny (qui nous avait déjà tous marqués par son film « ceux qui restent »).

     

    Certes les personnages pourraient êtres considérés comme « convenus » : les bobos politiquement corrects, le père noble, glorieux, militant, l’immigrée fille de l’Est, cuistre et raciste bombe sexuelle avide des bienfaits de l’ouest, le fils-égoïste-et-cynique-qui-a-réussi-mais-on-ne-sait-pas-tout, la petite fille adolescente, en révolte contre son père et la société et devenue donc, de ce fait, la complice privilégiée du grand père, la fille pâle incarnation d’un Droit de l’Hommisme, un gendre falot, une belle-fille aux pieds sur terre …

     

    Nous sommes tous convenus (nous aussi …) que ce risque a été écarté par un remarquable jeu d’acteur, en particulier un Fabrice Lucchini … sobre … et une Karin Viard réussissant à donner corps à deux personnages successifs aux antipodes l’un de l’autre.

     

    Si tout rentre apparemment dans l’ordre à la fin, l’ébranlement de la famille laissera des traces profondes, qui pour notre groupe ont été autant de thèmes de débats et de renvois aux expériences personnelles de chacun.

     

    Ce qui nous as le plus « divisé », et donc a été le plus riche, a tourné autour du droit à l’amour d’un octogénaire au regard d’un risque de « non assistance à personne en danger ». Le père noble abuse-t-il sordidement de la situation, ou aime-t-il d’amour ? Tatiana ne vit-elle cette aventure que pour sa fille, ou n’est-elle en fait qu’intéressée, sordidement elle aussi, pour elle-même, et prête à tout (y compris avec le fils après le père) ou a-t-elle des circonstances atténuantes ?

     

    Ce qui nous a le plus rassemblés s’est développé autour des relations complexes entre frères et sœurs.

    Groupe : Volver


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :